Humour vache

Publié le 23 Juillet 2009

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Une cérémonie « sans façons », « nature » qu’elle disait… J’avais juste apporté un bouquet de fleurs. Il faut dire que le rendez-vous avait été pris dans un salon d’éleveurs en Auvergne : tout un programme ! Je ne me souviens plus s’il s’agissait de Clermont ou d’Amiens. Moi et la géographie... En tout cas, une ville grise avec une cathédrale.
Beaucoup d’invités par contre. L’une arrivait même d’Espagne, une noiraude fondue de courses de raseteurs, sujet rasoir tout de même au bout d’un moment (vous parlez d’une vie…) J’ai aussi rencontré une rousse qui habitait la région et qui nous parla présure animale et fromages. Elle était accompagnée d’un personnage pâlot et obèse qui dissimulait mal une boulimie sous un air bonhomme. Je l’observais louvoyer près du buffet et plonger sur tout ce qui pouvait combler quelque manque ontologique. Un petit individu réussit à mettre un peu d’ambiance avec des jeux de mots. Des vrais, d’une intelligence douteuse à souhait, comme on n’en avait plus entendus depuis les années 80 : des mots d’avant la crise de l’ESB et les tournis chez les moutons. Il commença son numéro avec les « vaches à laie » puis ce fut le tour des vaches portugaises qui avaient un je ne sais plus quoi de communiquant. Des vaches communiquant… Vous imaginez ? A notre époque infiltrée par le stress jusqu'aux burons ! Je n’ai pas tout compris, mais il devrait exister une école du rire comme il y a eu, en peinture, une Ecole de Paris. Une avant-garde.

Paris… Les descriptions que j’en avais reçu me faisaient ressasser les rêveries les plus banales. Je ne m’imaginais pourtant pas m’offrir une place de théâtre, une visite du musée Baccarat ou une toile dans une petite salle du quartier latin. Non qu’une culture provinciale soit ancrée en moi, mais le monde avait changé et ce sort merveilleux attendait celles qui partiraient travailler comme hôtesses au salon de l’agriculture.

Changement de catégorie. J’ai gardé un souvenir ému d’un beau parleur, par ailleurs passionné de politique. Il nous fit la démonstration de la rigueur morale et de la grandeur d’âme du parti au pouvoir. Une semaine plus tard, j’appris qu’il avait fini ces jours dans un banquet du-dit parti. C’était l’âge qui le voulait, cette sorte de « crise de la quarantaine » qui vous faisait manger les pissenlits par la racine quand vous étiez - obèse, tendre et intellectuellement à point - parvenu au zénith... 
Mais revenons à nos invités. Une Suisse agressive, une Normande dans une robe noire et blanche très design. Une chance, pas de Hollandaise ! Je ne supporte pas ces usines à gouda : toujours à avaler ce que d’autres n’oseraient pas même respirer ! Je ne veux pas généraliser à tout prix, mais, lors d’un récent mariage, une laitière m’avait offert un chocolat... pour me demander ensuite si j’en voulais un second d’un air étonné. Des chocolats, pourquoi pas ? Résultat : je me suis réveillée pour la traite à une heure du matin ! On parle des Ecossaises avec la menthe, mais moi je dis : vive l’Ecosse, vive After Eight, vive Ricqlès !

Rédigé par C. Mazières

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